Salut les bourrins.

Dans la culture moderne, c’est très difficile de s’imaginer donner de l’attention aux perdants dans le sport. Le très grand vainqueur est l’objet d’attention car l’image qu’on a d’un sport est toujours liée à la ou les personnalité(s) qui a(ont) le plus de succès dedans. On pense Messi-Ronaldo quand on pense football, LeBron James si on parle de basket, les All-Blacks sont devenus le Rugby etc.

Seulement, est-ce que ce sont les mecs qui ont le parcours de vie le plus intéressant qui soit ? On peut toujours imaginer que l’histoire de LeBron James, ayant grandi dans la ville très pauvre d’Akron, peut inspirer parce que parti de rien et il est aujourd’hui le visage du sport mais finalement, avec le temps, ce genre d’histoires sont devenues monnaies courantes. Énormément de grands joueurs, dans tous les sports, ne viennent pas de milieux aisés et entendre la fameuse histoire du type parti de rien pour tout remporter devient tristement banale, déjà vue.

Ce que j’ai aimé dans LOSERS, c’est qu’on est confronté à plus d’humanité aux travers des histoires qu’ils proposent, quelque chose de plus proche de nous. Petit trailer avant d’entamer les grandes lignes.

TOUS LES SPORTS ONT UNE HISTOIRE A RACONTER

Le sport est une source intarissable d’histoires et LOSERS le prouve de nouveau.

On passe par le football, le basket, mais aussi le golf, le patinage artistique, la boxe même le curling et la course de traîneau sans pour autant qu’on soit ennuyé. Le travail de reconstitution en dessins réalistes de certains passages de ces histoires allié aux interviews des mecs concernés, des images d’archives et des journalistes spécialisés permettent de dynamiser tous les épisodes et ont tous un flux agréable à suivre.

Chaque histoire fait d’ailleurs plus ou moins 25-30 minutes, ce qui permet de bien comprendre les tenants et les aboutissants de chaque moments fatidiques et de ne pas être largué quand on parle de ce qui a loupé. On comprends tout assez vite, les enjeux sont bien définis et la tension autour de ça se crée naturellement, ce qui nous investis émotionnellement même si on s’en battrait clairement les couilles d’un sport comme la course de traîneau.

LOSERS fait un super taf’ de storytelling, qui est au moins aussi excitant que Last Chance U, où se retrouve à regarder sur Internet si on peut pas trouver un t-shirt de l’East Mississipi alors qu’ils jouent dans une ligue anecdotique.

PLUSIEURS TYPES DE DÉFAITES

Ce qui frappe aussi dans LOSERS, c’est ce qui amène certaines personnes à perdre à un moment donné. Que ce soit de la malchance pure, le fait que très tôt la personne a été poussé vers une voie et qui n’a plus l’envie ou alors le fait de tenter une nouvelle approche sans convaincre, on aborde plusieurs raisons qui ont tous des embranchements différents par la suite.

Le plus surprenant de tous est le traitement réservé à Surya Bonaly qui tenta d’imposer un patinage plus sportif dans un milieu qui s’engouffrait dans l’indifférence parce que foncièrement le même depuis un bail. Bonaly venait à la base de la gymnastique et tenta de mettre un peu de ce sport la sur glace, ce qui donna par exemple les premiers backflips sur la glace, des rondades et des mouvements nécessitants plus de capacités athlétiques en général.

C’est la première fois que je vois un sport mettre autant d’énergie pour faire perdre une pure innovatrice avec des capacités athlétiques aussi prononcées. Le documentaire d’ailleurs amène plusieurs points que je ne vais pas me risquer de spoiler. Pas mal de choses sont assez révoltantes et il faut les voir par soi-même.

LOSERS aborde aussi la défaite dans la rivalité, le fait qu’un adversaire a été tellement fort qu’il n’était pas possible de faire autrement que de perdre. Un aspect abordé dans l’épisode (étrangement intéressant) du curling avec aussi ce qui découle du fait qu’a un moment donné, on a été surjoué au possible. Est-ce qu’il faut abandonner ou remonter la pente ?

LA VIE CONTINUE

Ce qui reste la grande leçon de LOSERS, c’est que finalement la vie continue même si on a un jour manqué de gagner LE truc qui aurait pu tout changer. La défaite est terrible et tout ceux qui ont joué à quelque chose avec un enjeu savent que perdre quand ça compte vraiment fait très très mal.

Seulement on parle vraiment jamais de ce que cela créé chez quelqu’un. Un état d’esprit plus conquérant et l’envie de revenir tellement fort qu’on démolira tout ? Oui ça arrive, c’est abordé dans le docu’. Beaucoup de façon différentes d’aborder la défaite sont abordés en fait dans le docu’ ce qui donne l’occasion de voir que malgré la chance manquée, les types ont pas fini si mal que ça. Pourquoi ? Parce que leur défaite n’a pas été synonyme d’abandon total. Finalement, être un vrai loser c’est quand on abandonne complètement d’avoir envie.

LE MOT DE LA FIN

J’ai pris énormément de plaisir à regarder LOSERS, un superbe travail rythmique et de storytelling profondément humain avec des profils différents et tous attachants.

Ça se regarde facilement et quand on est passionné de sport, on voit aussi d’autres choses qu’on voit peu sans que ce soit rébarbatif. Un énorme travail qui mérite qu’on s’y attarde et qui mériterait une nouvelle saison.

A bientôt les bourrins.

Publié par Hooligan Sensible

Rédac-chef de ce bordel.

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