Je sais pas si on doit faire un vrai mea culpa d’avoir un lâché les claviers mais on va se dire qu’on en a tous rien à branler. On a tous autre chose à penser depuis début 2020.

Dans l’ordre: on perd Kobe Bryant, sa talentueuse fille Gianna et ses coéquipières tout aussi douée dans un accident d’hélicoptère. On voit disparaître à la fois un titan (qui arrive à se dire qu’il est vraiment décédé ?) et l’avenir du basketball féminin en tout début d’année. Putain de signe du destin.

On se prend ensuite dans la tronche une bonne grosse pandémie.
Expliquer la cause, c’est un peu comme présenter une recette de cuisine merdique:
– prenez un plat exotique à base de couilles de chauve souris,
– ajoutez une louche de censure gouvernementale chinoise,
– une poignée de négligence,
– saupoudrez de bêtises dans toutes les strates de la société.
Résultat ? Le goût est parfaitement dégueulasse et on se retrouve bloqué chez nous pendant deux mois comme si on avait chopé une vieille diarrhée.

Pour couronner ce bordel de début d’année, on est une nouvelle fois exposé de plein fouet à la violence crasse des flics américains. George Floyd meurt lors de son arrestation à cause de 4 trous du cul qui estiment devoir s’agenouiller sur un homme menotté pendant 8 minutes et 46 secondes pour asseoir leur autorité. Réaction en chaîne prévisible: gros bordel sur le sol américain, licenciement et mise en examen des flics, bêtise malsaine de Donald Trump, sorties d’officiels odieuses dont une fulgurance à te faire démolir un mur de colère. Le maire Hal Marx estime que si « tu peux dire que tu peux pas respirer, c’est qu’en fait tu peux respirer« .

Je vous laisse admirer la tronche du champion qui a osé dire une ânerie pareille

Toutes ces conneries pèsent sur le moral et il faut bien se défouler quelque part. On ne peut plus aller taper des supporters de Nîmes, on ne peut plus tacler des pères de famille un peu con le dimanche en déplacement. La seule solution se résume donc au monde virtuel et ses possibilités.

SEGA a compris que le bourrin en nous doit pouvoir extérioriser ces problèmes et a sorti le nouveau Streets of Rage.

Quoi de mieux que de taper des punks à chien pour remettre la psyché en place ?

Streets of Rage c’est une sorte de madeleine de Proust que tu trempes dans du sang de Galsia. Les musiques, les atmosphères, les sons bien kiffants des barres de métal sur les crânes de H.Signal, tout ça ramène à une époque simple où tu étais insouciant et tout puissant dans ta tête. Gros défi donc de la part de Lizardcube (société française !) de ramener à la vie Streets of Rage et de le faire affronter l’intouchable Streets of Rage 2.

Est-ce qu’ils ont réussi ? Disons qu’il est un très bon numéro 2 sur la liste.

UN JEU FAIT PAR DES VRAIS FANS

Ce qui fait plaisir dès qu’on lance le jeu, on sent que cela a été produit par des vrais fans de la licence. Les types ont tabassé des caravanes de punks étant petits et ils ont envie de plus, surtout de donner plus aux fans. Les détails et les animations sont très recherchés et on peut d’ailleurs voir dans les Extras le travail de l’équipe artistique sur le design des personnages, des environnements et comment ils ont amené Streets of Rage un peu plus dans le turfu.

Ce boulot fait que dès qu’on lance le premier stage, on est direct en train de kiffer. Voir Axel ermite remettre des pains à la délinquance avec autant de classe qu’il y a 20 ans, c’est comme voir Zidane mettre des roulettes et des passes au millimètre en match de charité. C’est spécial, c’est unique, et ça nous rappelle de bons souvenirs.

Aussi, Lizardcube a enfin réintroduit le super classe Adam Hunter dans la licence. Le type faisait léviter des salopiots à coup d’uppercut avant de les envoyer 50 mètres plus loin sur un très propre spinning back kick et on décide de pas l’ajouter sur les deux suites ? Hérésie complète, et Lizarcube décide de rendre justice à Adam en faisant de lui le perso le plus cool (et le plus fort ?) de l’épisode. Séquence émotion :

On a le droit aussi aux personnages principaux dans le style graphique des anciens Streets of Rage mais avec leur style de gameplay. Un peu d’adaptation au nouveau style et cela donne une impression de jouer un personnage complètement différent. Bon délire.

UN MODE HISTOIRE REVISITE AVEC UNE DIFFICULTÉ OLD SCHOOL

Le jeu a le goût du bien fait old school mais il comporte un twist assez intelligent: les stages sont découpés individuellement. C’est à dire qu’on n’est plus obligé de tout finir d’un seul coup et potentiellement être emmerdé en cas de sollicitation extérieure. On peut faire le stage 1, le recommencer en cas de score pas terrible et passer au chapitre deux quand on le souhaite. Le jeu ne comporte d’ailleurs plus 8 stages mais 12, ce qui permet justement de bonnes pauses quand on n’a pas envie de se lancer dans un marathon.

Pour les vieux briscards, un mode arcade pour jouer à l’ancienne est d’ailleurs disponible mais un mode histoire découpé, c’est une bonne manière d’amener le jeu aussi vers de la compétition de high scoring comme à l’ancienne mais avec un soupçon de nouveauté. C’est aussi une bonne manière de scinder le jeu parce qu’il est… relativement putain de dur.

La où on voit que les créateurs sont des fans, c’est qu’ils n’ont pas ménagé les joueurs sur la difficulté. Leu jeu demande de la rigueur et de la concentration dès le mode Normal soit la deuxième difficulté du jeu. Vous aurez un mode Facile, Normal, Hard, Very Hard et Mania. Quand un jeu a plus de mode difficile que casu’, vous savez où vous foutez les pieds.

UNE BANDE ORIGINALE PEU INSPIRÉE

C’est la seule douille du jeu mais elle est quand même de taille quand on sait ce que représente la bande originale d’un Streets of Rage pour un fan. Je veux dire, encore aujourd’hui Yuzo Koshiro remplit des salles de concert avec les soundtracks de ses jeux vidéo :

Le bande originale du jeu oscille entre des tracks semi-hommages et des trucs plats alors qu’elle aurait pu amorcer un tournant plus original et unique.

Pourquoi ne pas orienter l’esprit des musiques vers de la synthwave ?

Autant jouer la carte de la nostalgie à fond quand on sait que tout le mouvement synthwave (comme Kavinsky) se tourne sur de la musique électro à l’ancienne mais avec une vue actuelle ? Qui plus est quand on en met une très bonne (qu’on peut entendre sur l’intro d’Adam plus haut) et qui fonctionne très bien avec l’univers car il est historiquement tourné sur de l’électronique ? Clairement, ils ont loupé le coche à ce niveau quand tout le reste est très très propre, mais Streets of Rage, c’est surtout les musiques.

Vous auriez pas voulu tabasser des gens sur ce genre de son vous ?

Après t’as quand même des sons énormes sur la track genre The Storm Boat :

Mais le reste est d’un calme plat déprimant. Clairement le jeu paie le manque d’inspiration et certaines séquences un peu redondantes n’ont pas un regain de vitalité avec un son fou furieux.

CONCLUSION

Streets of Rage 4 c’est quand même un pur jeu sur lequel j’ai passé des heures pendant le confinement parce qu’il est ce que doit être toute réadaptation d’un ancien jeu. C’est recherché, c’est fouillé, c’est compliqué comme à l’époque et tu n’as pas l’impression qu’il tranche avec son époque. Un coop local à 4 est dispo mais un deux joueurs est possible en ligne avec un netcode tout a fait viable, on peut s’amuser comme les vieux ou alors le faire à distance. Décidément un bon jeu, il manque simplement les sons à un niveau plus élevé pour parfaire le tableau.

Petit bémol aussi sur le choix des persos. On est privé de Roo et de Shiva en version moderne, pourquoi ? Personne ne sait pourquoi. Pas sur qu’on nous réserve pas un petit DLC à ce sujet à l’avenir mais c’était quand même des persos sympas à utiliser.

Sur ce, on se revoit à l’occasion les petits gars.

Publié par Hooligan Sensible

Rédac-chef de ce bordel.

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