Me voila bien feinter les gens, me voila bien feinter.
Qui est le plus gros hater du championnat espagnol parce qu’il est sans challenge, foncièrement chiant et unilatéral ? Moua. Qui fustige le championnat allemand et le  Bayern Munich à cause de son recrutement de pute à piller son championnat à longueur d’années ? Randaliener Empfidlich.Qui va devoir être confronté de plus en plus à ce genre de situation avec son équipe de coeur depuis sa putain de plus tendre enfance ? Teppista Delicato.

Si t’aimes bien le foot mais que t’as vécu dans la grotte la plus confortable de la Terre, laisse moi te faire savoir que la Juventus devient un véritable monstre sur son championnat et sur le marché des transferts.
En peu de temps, ils ont réussi à prendre le métronome d’un AS Rome revigoré en débauchant Pjanic et une machine de finition à plus de 40 buts en la personne de Gonzalo Higuain en provenance de Naples. Couplé au fait qu’ils trustent le titre national depuis 5 ans sans trop forcer, la Juventus élimine petit à petit toute forme de concurrence sur le sol italien.
Est-ce que pour autant je saute au plafond ? Absolument pas. Est-ce que je suis un VRAI SUPPORTER de mon club ? C’est la que la différence entre les putains de gros Footix/Driblou/Supportersdelavictoire et les fans de football.

LA SÉRIE A ET LA COMPÉTITION PERMANENTE

C’est bel et bien la que le problème se joue aujourd’hui. La Série A est devenu un véritable néant. On parle quand même d’un championnat qui était au moins aussi bourré de talents dans les années 90-2000 que le championnat anglais de notre époque. Un dimanche tu jouais contre ces gros fils de chiens du Milan AC avec leurs stars, puis tu devais encore frousser d’avantage en affrontant la Fiorentina et Batistuta, puis un Parme champion de C3, l’Inter Milan et son roster ultra talentueux avec Ronaldo, l’AS Rome et son équipe d’acharnés, l’excellente Lazio…
C’était véritablement une époque où défoncer son adversaire en championnat était significatif parce que la compétition était la, bien présente, avec 7 équipes extrêmement compétitives (Sette Sorelle). On ne devait pas attendre la Ligue des Champions pour avoir des matchs d’un calibre international.
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C’est c’qui était bon, parce que comme disait Pierrot, un habitué du bistrot en bas de chez nous, « A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire« . Et bordel qu’il a raison le vieux Pierrot, un parcours de champion en Série A était un vrai parcours de champion, c’était pas une histoire de battre des équipes à peine capable de payer correctement leurs joueurs professionnels, qui ont des structures d’entrainement complètements merdiques, ou un budget 100 fois inférieur au tiens. Il n’y a de victoire satisfaisante que lorsqu’il y a un adversaire en face de nous et la Serie A avait cette particularité de proposer à la Juventus de Turin un vrai challenge à sa portée. Des fois on perdait, des fois on gagnait, mais jamais on ne déméritait quand on était capable de remporter le titre face à tous ces adversaires, c’est la différence entre la coquetterie et la classe. Écraser des équipes de seconde zone ça ne compte que pour les débilos et les gens qui ont besoin d’être constamment rassurés dans la vie parce que leur maman leur a dit qu’ils étaient des flocons de neige merveilleux. Quand on est un vrai supporter, on veut voir son équipe briller contre quelque chose de dangereux, d’équivalent en terme de talents et qui te fera te ronger les doigts jusqu’au sifflet final pour que tu te dises en cas de victoire « Bordel, en fait mon équipe envoie vraiment du lourd sur le terrain. » C’est une joie qui ne se créée que dans l’adversité.

DOMINATION ECONOMIQUE

Un secteur où la Juventus n’a plus de compétition, et jamais je pipote. Bon, quand ton président est un Agnelli et que sa famille tient le groupe FIAT, probablement un des groupes les plus puissants dans l’automobile avec Ferrari sous sa coupe, c’est sur que t’as forcément un avantage sur ceux derrière toi. Le plus marrant la dedans, c’est que les plus gros transferts du club (jusqu’à Higuain) était dû à la vente de Zidane au Real Madrid: Buffon, Thuram et Nedved sont encore aujourd’hui les transferts les plus importants du club. Merci Zizou.
Toujours est-il que beaucoup d’autres équipes ont réussis à rester dans le giron toute ces années, l’Inter avait aux commandes le crédible Massimo Moratti, le Milan AC avait cette pompe à vélo de Berlusconi. Les choses ne se déroulaient pas que dans un seul sens au fil des années et les équipes se forgeaient des rosters avec des styles bien distincts, capables d’engranger de grands succès et, aussi, de marquer l’histoire comme l’Inter Milan de 2010.
Equipes vs Juventus

Ça c’était avant que les trois quarts des grands clubs italiens se cassent salement la gueule. Parme a été relégué en D4, le Milan AC a dû vendre ses célébrités pour éponger ses dettes, l’Inter n’a jamais su renouveler correctement son effectif champion d’Europe… Les seuls qui ont réussis à sortir la tête de l’eau de tout ce merdier c’était Naples et son duo de choc en attaque Cavani-Lavezzi (ils ont eu un triste destin par la suite), la Lazio qui s’est sortie enfin les doigts après des années de désert et un AS Rome convaincant sous la coupe du génie Rudi Gracia et son pif pour trouver des talents (Nainggolan, Strootman, Manolas etc). Des équipes qui, encore aujourd’hui, sont des rivales directes de la Juventus mais qui n’ont pas les ressources pour être compétitives sur toute une saison de façon constante alors que la Juventus déborde de talents sur le terrain et sur le banc grâce à sa politique économique (elle est propriétaire de son stade par exemple), son fond monétaire… et parfois ses coups de poker, comme Pirlo.
Ça fait désormais 5 ans que la Juventus pose ses couilles sur le nez d’une Série A tétraplégique qui ne peut se défendre, et aujourd’hui, elle a passé encore un cap en prenant les seuls espoirs des autres équipes pour être compétitives. C’est simple, la Serie A se transforme en putain de Bundesliga et la Juventus devient… le Bayern Munich.

PILLAGE EN CHAMPIONNAT

C’est la qu’on voit quand une équipe passe le fameux cap final, celui de ne plus avoir besoin de se forcer pour dominer, lorsqu’elle adopte la philosophie du Bayern Munich: ACHETE LES EMMERDEURS DE TON CHAMPIONNAT. Neuer, Podolski, Götze, Lewandowsky, Hummels, Kimmich, Pizzaro (2 fois !)… Que des mecs talentueux qui brillaient dans leurs clubs respectifs et qui ont étés achetés par le vortex munichois. Est-ce qu’ils vont réussir dans le plus grand club du pays ? Au fond c’est qu’une préoccupation de journalistes totaux pour remplir des pages quotidiennement, et la vérité c’est qu’on s’en bat les couilles quand on peut se le permettre. « Si le gars a le rendement dans son ancien club, c’est du tout bon pour nous, sinon, il nous emmerdera pas en championnat s’il est sur notre banc. Avec un peu de chance il partira dans un autre championnat pour retrouver de la street crédibilité. » Il n’y rien à perdre avec cette stratégie quand on est le Bayern.
La Juventus suit le même chemin, on ne peut clairement pas la blâmer de vouloir gagner (bordel c’est quand même son but) de façon régulière. Ces dernières années, elle nous a joué la carte de Munich et a enregistré les arrivées de: Dybala, Pereyra, Zaza (oui elle l’a fait), Asamoah, Pjanic, Higuain. Que des noms de joueurs très talentueux qui évoluaient en Serie A et elle avait également les yeux sur Di Natale pendant un temps. Tout ce qui est productif est donc un objectif pour la Juventus, et c’est pas aujourd’hui que cela va s’arrêter quand on voit ce qui reste de panache aux ennemis.

DERNIER VRAI OBJECTIF: L’EUROPE.

L’Europe est ce qui ressemble le plus au dernier vrai challenge de la Juventus ces dernières années. Après une finale en 2015, la Juventus se fait éliminer en 8ème cette année sans pour autant démériter contre le Bayern Munich. La où elle est le seul monstre dans son championnat, elle n’est qu’une équipe normale parmis d’autres botteurs de cul. La LDC est encore la terre du Real Madrid, du FC Barcelone, du Bayern Munich… Des équipes hautement compétitives qui ont déjà passés le cap de la domination bête et méchante depuis un long moment. Le plus traumatisant la dedans c’est de se dire qu’au final il n’y a que 14 matchs (potentiellement) qui vont compter dans l’année mais au final tu seras destiné à ne pas gagner le gros lot. On attaque donc le championnat en début de saison en sachant qu’on va le taper tranquille, et on regarde la LDC en sachant qu’on va très certainement se faire taper, et sans doute rapidement. C’est un peu ce que vivent les supporters du PSG mais eux ont l’air d’être ravis d’être dans un entre deux merdique au possible. La joie du parvenu, sans doute.
Personnellement, c’est mon dernier putain de rêve de supporter que de voir de mes propres yeux et en direct gagner la Juventus en finale de Ligue des Champions. J’ai vu l’Italie être championne du monde, Liverpool sodomiser l’équipe que je déteste le plus sur cette terre (le Milan AC), l’Inter Milan redonner de la gloire à la Serie A quand les gens se moquaient… J’aurais vu beaucoup de grandes choses mais j’ai pas vu l’essentiel, mon équipe soulever le trophée ultime. Bordel, j’espère que ça viendra avant que j’claque.

Un monstre sans adversaires, c’est un peu ce qui est décrit dans la street crédible série One Punch Man. La Juve domine sans pour autant que ce soit extraordinaire à ceci près qu’elle ne rafle rien dans la plus grande compétition européenne depuis maintenant une vingtaine d’années. Malheureusement, cela entame grandement la passion que l’on peut avoir le week-end. Le dernier vrai rush que j’ai eu avec mon équipe était la fameuse année 2011 et l’invincibilité sur la saison. 10 ans que la Juve n’avait pas gagné de titre et elle réalise un véritable exploit avec un Pirlo non renouvelé par le Milan AC absolument extraordinaire. Des moments que l’on oublie pas, mais des moments qui se feront de plus en plus rare au fil du temps et le plus dangereux la dedans c’est qu’une équipe qui ne fait plus vibrer c’est une équipe qu’on ne suit plus, qui laissera indifférent au fil du temps.
J’espère de pas devoir dire un jour « A l’époque, j’étais supporter de la Juventus ».

Publié par Hooligan Sensible

Rédac-chef de ce bordel.

Un commentaire

  1. Bel article, j’en serai presque tout ému haha

    Sinon, pour citer d’autres clubs un peu dans la même situation mais depuis longtemps, grand fan du FC Porto, je peux que compatir à ta situation haha

    En esperant quand même que le football arrive a sortir de la tournure financière qu’il a pris, et aux vues de ce que j’ai vu du marché des transferts (Higuain / Pogba…), c’est pas près d’arriver…

    Le football des années 2000 c’était franchement plus cool quand même, sans vouloir faire le vieux con !

    Aimé par 1 personne

    Réponse

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