Ou pourquoi je ne parlerai pas de Gods Of Egypt !
Une journée sacrément pluvieuse, c’est l’occasion de se lancer un film, de faire une expérience cinoche sympa, de se plonger dans un univers à la fois réaliste et onirique, bref de voyager à travers le cinéma. Alors soyons clair, je voulais parler d’un film mauvais, mais au final je préfère poser ces lignes sur un sujet sympa, donc pour commencer, ne matez pas Gods Of Egypt – ce n’est pas une merde, c’est écrit assez facilement mais surtout, merde qui est le mec qui a écrit les dialogues ?  « Quand je vois un oiseau je le tue avant qu’il ne chie sur mon bateau » je suis sans doute un réac pleurnichard totalement imperméable à la fantaisie, mais j’imagine difficilement Râ le dieu Du Soleil balancer ce genre de punchline entre deux combats avec Apophis et quelques tours de barque- et parlons de Hail Cesar des frères Cohen.

Déjà premier point important, alors on va pas commencer les comparaisons avec le baroque de Fellini et sa manie de montrer le côté artificiel des décors pour en comprendre l’essence au travers du médium cinématographique ( avoues j’te fais galérer ahah) mais bordel, l’image que ce soit la composition, la lumière, le cadre, les décors, ça respire la beauté artificielle purement cinématographique et la référence à plein nez. On va rapidement zapper ce que l’on a de référencé, alors les films de Gene Kelly pour L’ami Tatum ( Magik Mike si tu m’entends, sors de là) , les films noirs ( propres aux premiers films des Cohen), les films dramatiques ( Laurence Laurentz allons bon me fait penser à l’idée que j’ai de Ernst Lubitsch) quant à Carlotta Valdez pourquoi pas un petit mélange entre Vertigo de Hitchcock et Carmen Miranda ( la version 50 de Nicki Minaj). Bref il y en a encore pleins d’autres ce qui fera plaisir aux initiés de chercher les références à l’industrie américaine comme un étudiant de ciné en fac quant un prof lui parle de Tarantino.

Alors passons le côté intello et pensons au film… Une très très bonne comédie, les jeux sur les personnages ( représentant chacun un partie de l’industrie holywoodienne , on va y revenir promis) sont vraiment excellent. Clooney en « Baird Whitlock aka Robert Taylor » avec son running gag de son épée sodomisatrice, et son jeu clownesque sont hilarant de stupidité. Une vraie gueule de champion pour présenter cette machine à fric qu’est Hollywood.

hail-caesar-screengrab

Scarlett Johansson, à tous ceux qui se demandaient si elle était capable de jouer autre chose qu’une gonzesse aux gros nichons filmé par une Woody Allen pleins de frustration entre ses actrices qu’il ne peut toucher, et sa gamine qu’il peut épouser, et bin oui et surtout que pour son rôle peu présent, on ne reconnait rien de Johansson. Elle a disparu pour laisser place à quelqu’un d’autres, et c’est la preuve d’un grand niveau de jeu (C’est pas ton pote bourré qui tente de faire Brando dès qu’il fume sa clope ). Alden Ehrenreich en cow Boy maladroit, et comme figure du bon gars propre au cinéma républicain est excellent dans son rôle de Boy Scout qui sait tout faire ( enfin quand il y a une corde, un cheval et quelques gueules cassées à défourailler ).

ave cesar

Channing Tatum en Gene Kelly communiste façon méchant de James Bond est juste hilarant tant le sérieux de son personnage est en total décalage avec le reste de son équipe.
Magik Mike chez les Soviets, une putain de bonne idée.
Enfin Josh Brolin fait du Josh Brolin, mais ce mec est bon tant qu’il bien encadré par un réa ( ne serait ce que Inherent Vice ou No Country For Old Men ou le mec est juste, rien que pour ça matez les si c’est pas le cas, et arrêtez de dire « hey c’est le gars de Men In black 3 », ce film c’est le trou noir de Interstellar façon gangbang  Hardcore chez Pierre Woodman).

Pour ce qui est du scénario, c’est une comédie qui fait mouche sur des détails gros, mais gros, genre Éléphantiasis sur un nain ( respect éternel à cette fusion entre le Bonhomme Michelin et Tyrion lannister)  qui sont accentués par une mise en scène ou la composition de l’image et le montage ajoute un effet onirique et humoristique flagrant. Et ce qui vaut le coup c’est que sous cet aspect grossier de blagues clairement assumées et de personnages drôles et grotesques, on peut cerner un sous message sur ce qu’est l’industrie cinématographique.

Et c’est ça l’intérêt de ce film, c’est qu’il parle aussi bien du cinéma dans son essence, c’est-à-dire les œuvres, les images, le côté fantasmagorique (ça vient de fantasme, ouvres un dico Bon Sang!)  qu’elles possèdent et leur caractère symbolique qui fait que l’on se paluche sur nos films préférés comme de vrais messie de l’audio-visuel, et aussi ce qu’il est dans sa forme, c’est-à-dire le travail de techniciens, de professionnels, mais aussi un pari économique, et donc le produit d’un gros paquet de pognon qui est ( et non ne peux nier la vérité qui en découle) le fruit de producteurs. Alors oui les productions pensent argent, oui la légitimité commerciale entrave celle artistique – Genre Cantona avec son pied dans ta gueule cousin – mais le film remet en contexte cette contrainte qui touche les réalisateurs dans les contrées américaines. Alors parler du cinéma, c’est parler d’image, de pensée, de message, mais c’est aussi parler de contexte politique, économique, sociologique, parler cinéma ce n’est pas seulement laisser une empreinte dans le temps, c’est le figer ne serait ce que par son processus de création afin de permettre aux futurs de voir comment se faisait les choses, et donc de comprendre les mentalités de l’époque. (Me fais pas croire que tu te dis pas que c’était mieux avant quand tu vois ta sœur devant les Chtis a Mykonos, assumes ma gueule) Alors s’il faut comprendre une chose avec le cinéma, c’est qu’il reste représentatif d’une époque grâce à ses choix de mise en scène, mais aussi par ses choix scénaristique, par les thèmes qu’il aborde, la manière dont il les présente (et je suis obligé de revenir sur ta sœur quand on voit son instagram mec) . Alors matez des films, des bons de préférence, et essayez de comprendre les subtilités de la chose, même un navet peut avoir un sous message intéressant.

ave cesar tatum
Et Gods Of Egypt je pense que c’est La colère des Titans version Egypte, ils vont essayer de nous refourguer des films moyens à grand coup de synthèse et de pétarade, et perso il y a Michael Bay pour ça, avec plus de finesse, à bon entendeur!

Publié par graisseuxscribouillard

Un commentaire

  1. Je n’ai rien à ajouter puisque n’ai pas visionné le film dont il est question (ni même les autres d’ailleurs puisque je me suis arrêtée au second volet des Men In Black. Puis, à défaut de La colère des titans, j’ai visionné deux versions du Choc des titans). ^^’
    Sur le réseau, les critiques concernant Ave César sont mitigées.
    Avec ou sans avis, ce film n’est pas prévu au visionnage.

    Bonne continuation, Graisseux Scribouillard!

    PS: Au final, on a ajouté… 😉

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